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Orthographe et prononciation du wolof

Introduction

Le wolof est l’une des multiples langues nationales du Sénégal, et la plus parlées d’entre elles. La langue officielle du Sénégal est néanmoins le français, le wolof y est donc peu enseigné dans les écoles, se limitant le plus souvent à un usage parlé. Son usage reste très répandu : il s'agit de la langue natale de l'ethnie wolofe (40% de la population), et elle est souvent comprise par les populations des autres ethnies. La compréhension du français est quant à elle moins répandue, surtout lorsqu’on s’éloigne des grandes villes comme Dakar.

À l'origine, la langue wolofe s'est surtout écrite en « wolofal », une adaptation de l'écriture arabe. Suite à la colonisation, c'est l'alphabet latin qui s'est finalement répandu, avec une orthographe tout d'abord très diverse, mais qui a finalement été codifiée dans les années 60. L'orthographe officielle reste cependant moyennement respectée, et la littérature en wolof peu répandue, même si elle se développe peu à peu. Ne vous étonnez donc pas de voir du wolof mal orthographié, y compris dans les médias de masse comme la télévision !

 

Alphabet

L'aphabet wolof est assez proche de celui du français, on y retrouve ainsi toutes les lettres de son alphabet en dehors du H, du V et du Z. S'y joignent aussi les caractères Ŋ (« ng», en minuscule : ŋ) et Ñ (« gn », comme à l'espagnole). Les accentuations sont présentes, mais en nombre limité (À, É, Ë, Ó).

 

Règles générales

Le wolof est une langue facile à lire, car il n'y a pas de lettres muettes et assez peu de subtilités orthographiques, encore moins d'exceptions. Une bonne partie de l'alphabet se lit de manière proche du français, voici la liste des cas particuliers :

Lettre Son Exemple de prononciation Exemple wolof
À [a:] (« aa ») gare (faire un peu durer le a) tàkk (attacher)
C [c] (« tch ») match cere (couscous de mil)
E [e] (« è ») grève mel (ressembler)
Ë [ə] (« eu ») bleu jën (poisson)
G [g] (« gu ») bague gar (femme)
J [ɟ] (« dj ») badge jigéen (femme)
Ñ [ɲ] (« gn ») pagne ñaata (combien)
Ŋ [ŋ] (« ng ») meringue (faire un peu ressortir le « n ») karyoŋ (crayon)
Ó [o] (« ô ») môme góor (homme)
Q [q] (« k » appuyé et guttural) accablé (rapprocher le « cc » de la gorge),
« ق » arabe
daqaar (tamarin)
U [u] (« ou ») poule dugub (mil)
X [x] (« j » espagnol) Juan (prononcer à l'espagnole) xibla (direction)

 

Règles spéciales

Bien que les règles ci-dessus permettent déjà une lecture à peu près correcte du wolof, il est important de savoir que certaines lettres placées en fin de mot ou combinées à d'autres donnent lieu à des règles de prononciation particulières.

Les fins de mots

Un b en fin de mot se lit « p », et un g en fin de mot se lit « k ».

Les voyelles longues

Deux voyelles accolées correspondent à une voyelle longue. Elles se prononcent donc de la même manière, mais simplement en plus allongé : kaas se prononce comme il s'écrit. Il n'y a pas besoin de mettre de l'emphase sur la deuxième voyelle pour la « faire ressortir »

Cas particuliers :

Exemples :

Les pré-nasalisées

Derrière ce terme se cache simplement la combinaison d'un M ou d'un N avec une autre consonne. Les pré-nasalisées présentes en wolof sont :

Ces combinaisons doivent être lues en passant brièvement sur le M/N. En particulier, le N se prononce plutôt comme dans le « ng » de « pingre », en faisant ressortir un peu le « n » ; au contraire du « n » de « navire » qui se prononce plus nettement, avec le bout de la langue entre les dents. Exemples :

Les géminées (consonnes doubles)

De nombreux mots dédoublent des consonnes. Comme l'intuition invite à le faire, cela signifie bien qu'il faut insister sur la consonne, et plus qu'en français où ces emphases sont souvent négligées. Exemples :

Les noms propres francisés

Si vous rencontrez un nom propre avec une apostrophe, comme « N'Diaye » ou « M'Backé », sachez que la prononciation correcte se fait en collant les deux parties du mot, et non pas en les détachant. Ainsi, prononcer « èn-diay » est incorrect, préférez « ndiay » voire, en l'occurrence, la prononciation wolofe « njaay ». Le nom N'Diaye s'épelle d'ailleurs généralement Njaay au Sénégal.

 

Intonation

L'intonation varie assez peu en wolof, et approche assez celle du français, aussi un francophone n'a pas besoin d'y porter d'attention particulière. La pratique permettra de s'approprier les subtilités, vous remarquez juste que l'intonation est parfois plus haute en début de mot/phrase, ce qui ressort surtout dans les exclamations :